Créé en 2007 par Pascal Bahuaud et Bruno Vinuales, deux grands passionnés de raids nature, Raid in France organise chaque année une étape de l’Adventure Racing World Series.

Ces dernières années, le raid multisport a gagné en popularité auprès des passionnés de sport de plein air. Le concept ? Une course en pleine nature qui voit s’affronter plusieurs équipes dans un enchaînement continu d’épreuves : VTT, trail, course d’orientation, canoë et bien d’autres. Un défi hors-norme tant pour les coureurs que pour les organisateurs au vu de la longueur des parcours et des mutliples disciplines à gérer.

Depuis plus de 10 ans, Raid in France organise l’épreuve phare du domaine, une course de 5 à 8 jours qui voit les équipes mixtes de coureurs parcourir jusqu’à 400km et 20 000 de D+, tout cela en autonomie totale! Raid in France fait partie du circuit mondial de raids nature (Adventure Racing World Series) et a été choisi en 2018 pour en organiser le championnat du monde (Adventure Racing World Championship). Rien que ça!

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Pascal Bahuaud, fondateur et organisateur de Raid in France. Ancien athlète olympique, multiple champion de France d’aviron, Pascal a participé à de nombreux raids multisport à haut niveau et nous fait bénéficier de son incroyable expérience en tant qu’organisateur de raids.

 

Pascal Bahuaud - Raid in France

 

Rémi: Quel est ton background? Comment es-tu devenu organisateur de raids nature ?

Pascal Bahuaud: Le point de l’organisation de Raid in France a été une réelle volonté de faire découvrir notre pays et l’immense richesse de ses territoires, ainsi que de remettre les raids longs à la portée des équipes françaises qui ne ”s’exportaient” pas ou très peu.

 

Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans l’univers du raid nature ?

De retrouver un certain nombres de valeurs qui sont de moins en moins présentes dans la vie que l’on nous propose. A savoir : l’autonomie, la prise de décision, l’équipe (l’écoute de l’autre, la gestion du groupe, de soi par rapport aux autres) et bien sûr ce rapport fort avec la nature dans sa plus simple expression.

 

Vélo Raid in France

 

Est-ce que ça aide pour l’organisation d’avoir déjà participé toi-même à de nombreux raids à haut niveau, dont le Raid Gauloises une dizaine de fois ?

L’ensemble des raids auxquels j’ai pu participer en 25 ans m’aide sûrement pour l’organisation. Seulement, courir et organiser sont deux choses très différentes, il a fallu que l’on apprenne et dans l’organisation, la partie terrain n’est qu’une petite partie de l’organisation globale.

 

Pour le tracé, oui mon passé de coureur, m’aide et je ne trace que des parcours que j’aurais aimé courir, avec, comme but principal, la découverte de nouveaux espaces.

 

Cette année, Raid in France organise carrément le championnat du monde ARWC. Est-ce que l’organisation devient différente lorsque l’on organise l’ARWC plutôt qu’une des étapes qualificatives du circuit ?

Pour cette année, l’organisation du championnat du monde n’est pas en soi vraiment différente, seulement tout est plus grand. Le nombre d’équipes, le nombre de nations, les médias… Tout est plus lourd à mettre en place surtout pour les parties annexes à la course proprement dite.

 

Pour ce qui est du parcours, cela par contre ne change rien pour moi. J’essaye toujours de rester dans ce qui m’a toujours animé : une immersion complète dans un territoire à la découverte de son patrimoine naturel mais aussi culturel et humain.

 

En terme de difficultés, distance, dénivelé, technicité, les manches de Raid in France sont déjà bien suffisament relevées pour que l’on ne cherche pas à faire différement. Surtout pas plus!

 

Tu es souvent à La Réunion pour participer aux repérages. Comment se passe la reconnaissance du terrain et le tracé du parcours en pratique ?

Nous sommes environ à la Réunion une fois par mois pour soit des repérages soit des réunions d’organisation.

 

Pour le parcours, c’est toujours un travail de longue haleine. Il y a au départ un gros travail de connaissance du territoire, facilité maintenant par internet et tous les outils numériques. Ensuite, un travail de prise de contacts avec des acteurs locaux pour croiser nos idées avec la réalité du terrain et assurer la connaissance précise du territoire que n’ont que les acteurs locaux. Enfin, seulement, on commence le tracé et les reconnaissances terrain.

 

En parallèle, dès que le parcours commence à prendre forme, nous allons prendre contact avec les différents organismes de gestions environnementales impactés par le tracé afin de s’assurer de la faisabilité du parcours et des contraintes pouvant s’y rapporter. L’ensemble du parcours sera reconnu dans la configuration de la course afin de pouvoir faire des timings précis et pour moi, en tant que directeur de course, de connaitre parfaitement chaque passage de la course.

 

PackCraft Réunion - Raid in France

 

La logisitique d’un raid multisports est une affaire compliquée au vu des nombreux changements d’activités. Comment gérez-vous cela pour l’ARWC ?

Depuis maintenant 2011 pour nous, il n’y a plus d’assistant sur Raid in France et c’est donc l’organisation qui gère l’ensemble du matériel des équipes. C’est un gros travail assuré par une équipe d’une trentaine de personnes, mobiles et sédentaires.

 

La gestion est la même pour cette année que pour les autres années. C’est des jours de travail sur le terrain pour faire les timings précis des rotations puis, avec les timings des coureurs, des très beaux tableaux et schémas pour visualiser tout cela. Un vrai casse-tête, géré de main de maître par Brice et son équipe! Cela représente envion 12 à 14 véhicules utilitaires depuis 2011.

 

Combien avez-vous de bénévoles pour cette course? Est-ce que ce sont majoritairement les mêmes qui vous suivent depuis le début ?

Raid in France a une équipe d’organisation de 80 à 100 personnes, des bénévoles qui sont présents depuis le début de l’aventure et qui ont acquis au cours des années un vrai savoir-faire et de réelles compétences indispensables à la bonne marche d’une telle organisation. Eux-mêmes s’appellent La Famille, c’est pour dire…

 

À ce groupe, nous souhaitons chaque année, mais encore plus cette année, intégrer des nouveaux bénévoles et surtout que la course soit au coeur du territoire et donc qu’une partie importante soit aussi issue de bénévoles locaux. Pour l’organisation de l’ARWC 2018 nous aurons besoin de 140 personnes environ et nous espérons intégrer 40 à 50 réunionnais à l’aventure.

 

Qu’aurais-tu voulu savoir sur l’organisation de raids lorsque tu as commencé à en organiser?

Rien, sinon je ne me serai jamais lancé dans cette aventure! C’est un peu une boutade mais ce n’est pas loin de la vérité…

 

La Reunion - Raid in France

 

Lors des étapes de l’ARWS, les concurrents sont en autonomie totale sur un parcours extrêmement long. Est-ce que cela a déjà donné lieu à des situations critiques à gérer, notamment en terme de sécurité ?

L’autonomie totale est le principe même des raids expédition. Les équipes ont avec elles un matériel obligatoire qui doit leur permettre de gérer les situations les plus compliquées. Elles ont aussi, pour leur sécurité, une balise GPS satellite qui nous permet de les suivre en temps réel 24h/24h. Ces balises permettent également de nous prévenir en cas de problème grave, par un SOS ou un SMS pré-enregistré. Ce dispositif nous a permis en 2014, lors de l’épisode cévénol subit par la course sur l’Aigoual de ramener tout le monde à l’abri et de bloquer rapidement la course.

 

Tout le dispositif mis en place – médecins urgentistes sur des CPs, PC course 24H/24h, CP en liaison permanente, professionnels aquéris à ce type de course – nous permet d’assurer la sécurité des coureurs, ce qui reste notre préoccupation permanente tant que tout le monde n’a pas franchi la ligne d’arrivée.

 

Comment vois-tu le raid aventure évoluer en France et dans le monde dans les prochaines années ?

L’intégration des raids aventure (terme dont je ne suis pas fan) à la Fédération Française de Triathlon est pour moi une bonne chose car elle permet au sport une visibilité et structuration nécessaire si on veut son évolution dans l’avenir. On assiste, il me semble, à un regain d’intérêt des médias et partenaires potentiels pour l’activité, reste à confirmer tout cela par des actes forts tels que des diffusions télé et des équipes avec des partenaires connus permettant une reconnaisance accrue des teams.

 

Au niveau international, je pense que l’on est proche de la création d’une fédération internationale car beaucoup de pays sont maintenant structurés.

 

Enfin pour moi, peut-être que le plus gros frein ne viendra non pas du côté des courses et de la strucutration du sport mais de la possibilité de continuer à organiser des raids dignes de ce nom chez nous tant les difficultés et les écueils sont nombreux et décourageants.

 

Où est-ce que l’on peut retrouver Raid in France en ligne?

Actuellement sur www.raidinfrance.com puis quelques jours avant la compétition sur le site live de la course accessible par la même adresse ou sur arwc2018.com.

 

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